Entrepreneur.e….non Bayam-Sellam !

Si vous êtes un adepte des réseaux sociaux et internet, vous vous rendrez compte qu’elles sont très nombreuses ces pages qui parlent d’entrepreneuriat. C’est tout le monde qui est entrepreneur. Le boutiquier est entrepreneur, le feyman est entrepreneur, la brocante qui est dans votre quartier là, son gérant aussi est entrepreneur.

Aaahhhh… l’Afrique… ce continent. Ce magnifique continent où tout se confond, tout se mélange, personne ne souhaite faire la part des choses. Cette partie du monde où la majorité de la population se contente des informations superflues, et par conformisme, accepte d’utiliser des expressions pour flatter leur ego. Que dire… Par où commencer.

Soyons déjà clairs sur une chose. Croyez-le ou non, ce qui déambule dans les rues n’est pas ce qu’on peut appeler des projets portés par des entrepreneurs. Et l’entrepreneuriat n’est certainement pas ce que veut vous faire croire l’opinion public. Car, selon elle, d’après la synthèse des définitions reçues par les internautes, « l’entrepreneuriat » est le fait d’investir dans une activité qui vous fait vibrer, qui vous ressemble, et dont vous êtes l’initiateur. Aussi simple que ça. Pour accompagner ces propos, il y’a cette belle citation très appréciée auprès des jeunes : « Fais ce que tu aimes et tu n’auras pas à travailler toute ta vie ». C’est l’une des raisons pour lesquelles, il existe trop de commerces qui se ressemblent tous, en apportant aucune valeur ajoutée, et surtout, aucun profit à l’économie.

Être entrepreneur est devenu presqu’un phénomène de mode, on a presque l’impression que c’est un jeu d’enfant d’en devenir. Qu’il suffit juste d’avoir de l’argent, une idée, et hop ! on devient entrepreneur.

L’entrepreneuriat qu’est-ce que c’est ?

Naturellement et logiquement, se faire de l’argent est le but principal de toute entreprise. Et ceci, est principalement le seul objectif d’un opérateur économique, d’un commerçant, mais pas d’un entrepreneur. Un entrepreneur a pour priorité l’impact du projet sur la société avant tout. Il ne se limite pas à vouloir faire du chiffre. Il est donc légitime d’affirmer sans l’ombre d’un doute que l’entrepreneuriat, ce n’est donc pas juste vendre, ce n’est pas cette volonté à vouloir faire le buzz sur les réseaux sociaux, ce n’est pas une course à la notoriété comme on le voit si bien avec ces commerçants qui s’autoproclament entrepreneurs par abus, et même parfois par ignorance dans certains cas, bien que la société les perçoit ainsi. Il est d’autant plus important de souligner que, l’accroissement du volume de vos ventes ne justifie pas cette appellation. Ne vous méprenez surtout plus.

Beaucoup font du « commerce », mais certainement pas « l’entrepreneuriat ». De nombreuses personnes dans notre société et parmi nos lecteurs dont vous faites partie, sont des « commerçants », des « buyer-seller », plus vulgairement appelés au Cameroun des « Bayam-sellam ». Et ç’est dans cette catégorie que se positionne la plupart des activités au Cameroun.

Or, d’après PROYOTEACH, la division Formation du Groupe propriétaire de ce site, l’entrepreneuriat est une discipline artistique qui consiste à réaliser parfaitement un projet élaboré soi-même ou par une tierce personne, et à maîtriser son exploitation. C’est une définition simple, courte et facile à retenir. Mais l’avez-vous comprise ?

En d’autres termes, l’entrepreneuriat, c’est un art, une discipline, voire une science qui devrait s’apprendre. On ne s’improvise pas entrepreneur, on apprend et on se prépare à le devenir. Mais les formations dans cette spécialité ne sont pas monnaie courante. Elles sont rares. Rare ? Impossible, sauf s’il y’a un projet de loi en cours de préparation, qui autorisera des formations continues dans ce domaine. Mais pour le moment, ici au Cameroun, un BTS, une Licence Professionnelle, un Master en entrepreneuriat, ou même un Doctorat en entrepreneuriat, ça n’existe pas. C’est pourquoi, avec beaucoup de latitude et d’aisance, ces bayam-sellam se considèrent comme des entrepreneurs. Malheureusement, force est de constater que beaucoup deviennent des entrepreneurs sur le tas. D’autres pensent que le fait de s’inscrire et de participer à un séminaire de 2 à 3 jours de formations sur le thème « Devenez entrepreneurs » suffit à faire d’eux des agents de maîtrise de la réalisation d’un projet d’entreprise.

C’est quoi un projet d’entreprise ?

Le travail d’un entrepreneur consiste à réaliser parfaitement un projet d’entreprise. Mais au fait, c’est quoi un projet d’entreprise ? C’est le projet principal de l’entreprise (PPE), à ne pas confondre avec les multiples projets secondaires, dérivés ou associés, » tels que le projet de création de l’entreprise sur le plan légal et administratif, les projets de recrutements, les projets d’investissements, les projets de fabrication de produits, les projets d’organisations d’évènements, les projets de construction d’une nouvel immeuble, etc. Malgré tous ces divers projets au sein d’une entité de l’entreprise (direction, département, service, etc.), le projet d’entreprise est unique, au moins pendant un certain temps, supérieur à 6 ans au moins. Pour faire simple, « le projet principal d’entreprise (PPE) » que doit réaliser celui qui se fait appeler « entrepreneur », est la vision qu’ont les dirigeants de l’entreprise à propos des actions futures des parties prenantes qu’ils veulent satisfaire durablement. Et ce PPE doit intégrer un ou plusieurs éléments de différenciation qui feront sa particularité. Rien à voir avec la pratique des prix les plus bas du marché, parce ce que pour bon nombre de personnes, c’est l’élément sur lequel ils pensent pouvoir se différencier durablement. Ce n’est pas ça !

Cette vision doit être consignée par écrit dans un document interne connu par tous les collaborateurs, et qui servira de support-témoin pour sanctionner la réussite ou l’échec de la mission confiée à l’entrepreneur.e (celui ou celle) qui doit mener à bien la réalisation de ladite vision. (Ledit document ne doit pas exister que pour enrichir la documentation de votre entreprise). Voilà en quelques lignes la définition même de l’entrepreneuriat, laquelle d’ailleurs, est très éloignée de ce que veut nous faire croire l’imagerie populaire.

Et nous clôturons cet article en rappelant aux boutiquiers, brocanteurs et hommes d’affaires, que la majorité d’entre eux ne sont que des BAYAM-SELLAM, mais surtout pas des ENTREPRENEURS.

Proyot, The new spirit of Business in Africa !

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