Culture d’entreprise : une illusion africaine

Consternation, indignation, mécontentement pour certains, abnégation pour d’autres. L’arrivée en tenue maassaï d’Andrew Chimphondah n’est pas passée inaperçue lors de l’assemblée générale des actionnaires de Shelter Afrique. Alors que la quasi-totalité des participants étaient vêtue d’un ensemble veste-pantalon-chemise-cravate, le DG de Shelter Afrique, lui, il a décidé de se ramener sans la traditionnelle tenue recommandée depuis des siècles pour ce type d’événement par nos gourous blancs, message très fort ! Qui peut prétendre le connaître ?

C’est déjà un début si, une personnalité de son rang, à la tête d’une multinationale décide de s’aliéner du mode vestimentaire de ces gens, lors d’un rassemblement, d’une réunion entre collaborateurs. Parmi eux : des asiatiques, des européens, des américains, tous, presque vêtues de la même façon. Mais lui, il a dit « niet, cette fois ci, je me pointe en pagne » (J’ai essayé d’être dans sa tête au vue des faits). Le signal a été envoyé, il est très fort. Comme quoi, il est possible de nous aliéner de nos pensées préconçues et conçues par nos colons.

Et c’est pourquoi, j’achève cette introduction en vous disant que çà, c’est un élément de la culture du peuple de cet homme. Mais savez-vous qu’il existe une autre culture qui vous distinguera des autres, celle qui caractérisera et amènera votre entreprise aussi loin que ces grandes entreprises du monde que vous prenez pour modèles ? Oui, il s’agit de la culture d’entreprise. Comment est-elle perçue en Afrique ? Avec quoi peut-on la comparer ? Et au final, de quelle façon doit-elle cesser d’être une illusion en Afrique ?

1) La culture d’entreprise telle qu’elle est percue en Afrique

Quand je pense que plusieurs entreprises en Afrique, limitent la culture d’entreprise à un code vestimentaire ou à un simple port du t-shirt les vendredis, j’ai envie de me tirer une balle.

Si nous voulons aller plus loin, nous constaterons que, ce qu’elles appellent culture d’entreprise en Afrique se résume généralement au partage d’informations sur les anniversaires, sur les décès, et sur le rappel de la vision et des missions de l’entreprise de façon littéraire, sans asseoir bien évidemment la stratégie globale de l’entreprise sur ces deux derniers points.

2) La culture d’entreprise comme une famille recomposée

Considérons une entreprise comme une famille recomposée, où chaque membre vient avec son bagage culturel issu de son environnement de prédilection. Ceci inclut la prise en compte des éléments comme l’ethnie, la réligion, l’éducation familiale d’origine, etc… Et généralement, la nouvelle éducation qui y est instituée, est inculquée par le chef de famille. C’est le père qui dicte la conduite à tenir, personne ne fait comme il veut, car il y a une autorité et c’est celle du chef, qui prône sur toutes les autres. C’est le même principe en entreprise. Le chef d’entreprise présente la vision, dicte les missions, énonce les valeurs, institue les rites ou les habitudes encore appelés coutumes, et définit les principes applicables à tous, à la seule différence que tout cela doit être formalisé par écrit dans un document, enseigné à tous les collaborateurs, et soigneusement appliqué à la lettre.

3) La culture d’entreprise

La culture d’entreprise concrètement, est ce à quoi nous distinguons une organisation d’une autre, inhérente de la personnalité du dirigeant : c’est l’ADN d’une communauté. C’est le résultat d’une ratatouille d’ingrédients où des facteurs aussi divers que la nature de l’activité, l’histoire de l’organisation, la vision (le rêve, l’aspiration), les missions (les étapes pour arriver à concrétiser la vision), les valeurs, la mémorisation de ses réussites et de ses échecs s’y retrouvent. C’est à partir d’elle qu’une stratégie se développe, que les décisions sont prises, que la documentation de l’entreprise est rédigée. Pour rappel ou pour information, c’est ce sur quoi s’appuient les grandes firmes internationales pour gérer leurs institutions. La culture d’entreprise est en quelque sorte issue d’un processus d’expérience et d’apprentissage collectif ou individuel qui permet de donner à chaque institution une configuration humaine particulière.

De nombreuses entreprises ne verront pas la nécessite d’avoir une culture, mais dites-vous qu’un homme n’est rien sans culture. Une entreprise n’est rien sans ses valeurs, ce que la plupart des PME font c’est courir dans le sac, aveuglées par les ventes momentanées, et obstinées à croire qu’elles iront très loin sans culture d’entreprise.

Rappelez-vous, où en est le continent africain aujourd’hui ? Où il sera demain ? Analysez votre environnement, soyez curieux l’Afrique est en perte de son identité culturelle. Et, un peuple sans histoire, est un peuple sans âmes. Je ne dirais jamais assez ce principe s’applique aux entreprises, un avenir commence à s’écrire lorsque son passé est connu.

Le processus d’insertion de cette dernière peut s’avérer être long et rigoureux, mais la gestion et la pérennité de votre entreprise en dépendent. C’est à notre sens et uniquement de cette façon que la culture d’entreprise ne sera plus une illusion en Afrique mais une réalité universelle.

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