Le management à l’africaine (suite 1)

1/ L’horloge biologique des citoyens

L’horloge biologique selon la maison d’édition Erudit se caractérise par: des périodes de veille diurnes et de sommeil nocturnes, au cours desquelles l’organisme a besoin de repos. Le respect strict de cette alternance, activité/repos, est le fondement même de toute productivité socio-économique. Malheureusement, dans les sociétés modernes africaines, l’homme a perturbé son horloge biologique par toutes sortes de contretemps quotidiens qui sont autant de prolongements de la période de veille et de réductions de celle de repos ou de sommeil. C’est particulièrement en Afrique noire, où les réjouissances (veillées de deuils, mariages, anniversaires) et les loisirs quotidiens (boîtes de nuit, discothèques) peuvent durer toute la nuit, au point d’amoindrir la productivité de la majorité qui se rend au travail le lendemain matin. Contraints de se reposer le jour, par nécessité physiologique de récupération, ils inversent progressivement leur horloge biologique et amoindrissent ainsi leur productivité, d’où des retards, des absences, et un faible rendement dans les lieux de travail ».

2/ La culture socio-économique nationale

Le code de travail camerounais nous fait savoir que le temps de travail hebdomadaire est de 40 heures, et donc 8 heures par jour dans les cas le plus courant, comme dans certains pays européens. Ce que nous avons tendance à oublier, j’ignore si nous le savons tous, chaque nation devrait en principe obéir à des rythmes d’activités journaliers, hebdomadaires, mensuels, annuels ou saisonniers, liés à son propre environnement. Cela dit, que nous apprend notre environnement sur le temps de travail, sur les loisirs et le repos, et sur les moments de festivités en famille et entre amis sur notre productivité en entreprise ?

Le temps de travail

La journée a 24h, et donc nous avons 8h de travail. Sauf que, au lieu de 8h travail, nous effectuons 4h en tout et pour tout. Je m’explique. Au cours de la même journée, trop de déplacements entre le lieu de travail et le lieu de résidence se font observés. Cette énorme perte de temps est causée par de nombreux facteurs parmi lesquels : la repos obligatoire (entre 12h-14h) ; l’absence de structures de restauration et de gardiennage des enfants proche des lieux de travail ; la fluidité de la circulation est rompue due aux nombreux cortèges qui passent et repassent. Tout ceci impacte négativement et considérablement les horaires de travail qui ne sont plus respectées. Pour les raisons susmentionnées, la présence effective au bureau, dans les organisations publiques, parapubliques et souvent dans les entreprises privées africaines, s’amenuit considérablement. C’est ainsi que les horaires de 8h00 à 12h00 se transforment en horaires de 9h00 à 11h30, et ceux de 14h00 à 18h00 deviennent de 15h00 à 17h30.

Les loisirs et le repos

Boire, danser, sports favoris des africains, on peut le faire 7 jours sur 7. D’ailleurs, aucune réglementation ne l’interdit. Même notre conscience ne nous met pas en état de veille pour nous fixer des barrières psychologiques. Résultat des causes, le fonctionnaire et l’ouvrier africain ne se reposent pas suffisamment pour réemmagasiner le volume d’énergie nécessaire au renouvellement de la force de travail. Ainsi, par manque de vitalité d’une grande partie des employés, due à la mauvaise utilisation du temps des loisirs et de repos, il s’installe une léthargie collective qui fait des entreprises africaines du secteur tertiaire les moins productives de la planète. Pour une fois que nous sommes les premiers d’une catégorie, bravo à nous les africains !

3/ Les traditions et coutumes issues des différentes ethnies du continent.

Les moments de festivités en famille et entre amis

En voulant à tout prix transposer en milieu urbain le mode traditionnel de gestion des mariages et des funérailles, sans tenir compte de la complexité de ses rythmes et méthodes d’organisation, et sous prétexte de vouloir éviter la perte de nos valeurs culturelles provenant de nos ancêtres, on perturbe les activités socio-économiques en plongeant constamment les salariés et chefs d’entreprise dans l’improductivité. D’abord le cortège funèbre crée des embouteillages, retarde les usagers de la route et entraîne l’absentéisme à partir de vendredi après-midi pour la levée de corps et le départ pour le village. Le retour est le plus souvent le dimanche soir. Conséquence, une fatigue extrême se fait ressentir toute la semaine. Puis, selon les sociétés, l’ensemble de la période de deuil, dans certains pays, peut aller jusqu’à un mois au cours duquel chaque jour est une veillée jusqu’à l’aube, sans se préoccuper de la fatigue qui viendrait envahir les gens, et anéantir la force de travail d’organismes déjà affaiblis par toutes les formes de stress urbain modernes. Il en est de même pour les mariages.

De ce qui précède, nous pouvons conclure que la cause principale de l’échec des entreprises en Afrique, trop souvent peu rentables, non compétitives et éphémères, est l’absence de prise en compte des paramètres sociétaux et environnementaux.

Retour au début de l’article

Proyot.com, The new spirit of Business in Africa !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s